Léo.

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Ce portrait en onze images est la première partie de mon projet, dont le nombre final de volets n’est pas encore fixé. Je n’en suis qu’à l’introduction. Tout est parti de Léo. Cette série raconte le jour où la photographie m’a faite retrouver mon frère.

Léo. Troisième d’une fratrie de cinq, je l’ai vu grandir sans jamais savoir où se mettre. C’est l’enfant du milieu. Celui avec qui on joue puis qu’on jette, celui qui n’est ni le grand ni le petit. J’ai vu Léo se refermer sur lui-même au fil du temps. Pendant des années il ne m’a plus adressé un mot ou un regard. Ce n’était pas personnel, il était comme ça avec tout le monde. Aujourd’hui, quand il me parle, il tient sa tête vers moi mais ses yeux ne croisent jamais les miens. Pour se dire bonjour, on se tape dans la main.

(…)

Je suis partie trois ans pour mes études ; je suis rentrée il y a trois mois. Quand j’ai vu ce grand garçon de 18 ans le visage figé, les cheveux dans les yeux, je me suis dit qu’il fallait que je l’accompagne. Je devais lui tendre la main pourvu qu’il l’attrape. Depuis des années on essaye de le faire parler(…), moi j’ai décidé de l’écouter et l’observer. Ensuite, comme un psy prendrait son stylo, j’ai pris mon appareil photo. Je voulais écrire son histoire pour qu’il puisse s’y confronter.

(…)

Sans que je ne demande quoi que ce soit, au fil des photos Léo s’est détendu. Il avait confiance en moi. J’ai lu dans ses yeux qu’il était de retour.